• Un Homme comme Personne

    Ce soir-là, nous sommes entrés dans une galerie d'art, pour changer. Le premier tableau représentait une casse, où tous les éléments de bagnoles s'entrechoquent, s'enchevêtrent, s'entrelacent en un tas d'accidents. Pareils à celui qui s'était passé, sans faire de bruit, en plein fouet de nos vies.

    Soudain nous avons découvert au tournant qui nous attendait, dans ce qui n'était plus qu'un amas de ferraille ; une aile et un volant à peine tordus, juste un peu voilés. Mais aussi est-ce important ? : Un souffle de vie dernier. Nous arrivions peut-être à temps.

    Il était coincé entre l'accélérateur et le carbu. C'était un homme, vous savez ? De ceux que l'on voit tout le temps, à part que celui-ci avait quelque chose à lui comme tout le monde :

                    Un Homme comme Personne.

    C'était un homme agonisant qui de ses blessures, perdait un sang bleu ciel. Son cœur renfermant un tel azur, qui de ses veines se libérait ouvertement, d’un hémophile couchant.

    Tandis que la mort le fixait fermement, lui en face, la regardait dans le blanc. De douleur il serrait sa vie entre ses dents, tout en attendant notre avis, quant à son vivant. Puis, tirer au sort, ironie ! Parmi ceux de l'assistance. Je fus choisi par un médecin en retraite : "Docteur Garant". Je m'approchai alors du blessé obsolète, qui dans mon oreille, avec humour me murmura :

    "Si cela ne vous dérange pas, envoyez-moi d'entre les cieux une ambulance, à la lumière bleue, conduite par des anges en blouse blanche. Emmenant mon corps natal, brûlant à cent et à feu ! jusqu'à l'hôpital, sur le billard. A moins que dans la course n'arrive avant eux, guidé par la grande Ourse : mon corbillard".

    Alors l'un de nous le cœur sur la main, lui lança un euro en pièces jaunes, de quoi téléphoner d’urgence. Tandis que les autres, voyant que l'agonisant n'était que grièvement blessé, crièrent : "remboursé ! remboursé !" en spectateurs indignés. A ce spectacle pourtant gratuit dont avant les médias, nous avons pu profiter.

     Puis tout le monde s’en retourna froidement dans son tombeau.

    Madinx

    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

    Composé en  1980

    « RubensNature Humaine »

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