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    Nos souvenirs 
    ressemblent à des enfants
    qui ne grandissent jamais.
    Des enfants aux joues 
    Et aux genoux écorchés,
    Jouant dans la rue
    Traversant sans regarder,
    Les pavés herbus
    Des âges et des années.
    Des enfants jouant à corps perdu
    Derrière de vieux pneus usés.
                                           
    Nos souvenirs
    Ressemblent à des enfants
    Aux yeux exténués,
    Dont la lumière est devenue
    Une pâte à papier mâché,
    Marquant nos visages perdus
    De jours confondus
    Gravés d'un braille abstrait.
                                      
    Nos visages sont des "Picasso"
    D'émotions bafouées,
    Des messages en argot
    Pour ceux qui ne savent plus lire
    Que les mots des journaux, des télés.                                    
     
    Nos visages sont des rétros,
    Dans lesquels nos parents regrettent
    Sur leur photo préférée ;
    l'enfant sage que l'on était.
    Nos visages sont des "infos" des actualités
    Ou les maux ne vous sont pas mâchés.
                                         
    Et la rage notre renommée                  
    Dont on nous assomme,
    N'est que celle des clowns blancs
    Que nous sommes.
    Vos Augustes,
    Ne faisant rire plus personne.                  
     
    Cour de récré....
    Dents de lait,
    Dents de sagesse,
    Rage de dents.
    Des ados
    Rognent les barreaux
    Des maisons d'arrêt.
     
                  ~
     
              Madinx
      
    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’
                  Composé en 1981

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  • Ce soir-là, nous sommes entrés dans une galerie d'art, pour changer. Le premier tableau représentait une casse, où tous les éléments de bagnoles s'entrechoquent, s'enchevêtrent, s'entrelacent en un tas d'accidents. Pareils à celui qui s'était passé, sans faire de bruit, en plein fouet de nos vies.

    Soudain nous avons découvert au tournant qui nous attendait, dans ce qui n'était plus qu'un amas de ferraille ; une aile et un volant à peine tordus, juste un peu voilés. Mais aussi est-ce important ? : Un souffle de vie dernier. Nous arrivions peut-être à temps.

    Il était coincé entre l'accélérateur et le carbu. C'était un homme, vous savez ? De ceux que l'on voit tout le temps, à part que celui-ci avait quelque chose à lui comme tout le monde :

                    Un Homme comme Personne.

    C'était un homme agonisant qui de ses blessures, perdait un sang bleu ciel. Son cœur renfermant un tel azur, qui de ses veines se libérait ouvertement, d’un hémophile couchant.

    Tandis que la mort le fixait fermement, lui en face, la regardait dans le blanc. De douleur il serrait sa vie entre ses dents, tout en attendant notre avis, quant à son vivant. Puis, tirer au sort, ironie ! Parmi ceux de l'assistance. Je fus choisi par un médecin en retraite : "Docteur Garant". Je m'approchai alors du blessé obsolète, qui dans mon oreille, avec humour me murmura :

    "Si cela ne vous dérange pas, envoyez-moi d'entre les cieux une ambulance, à la lumière bleue, conduite par des anges en blouse blanche. Emmenant mon corps natal, brûlant à cent et à feu ! jusqu'à l'hôpital, sur le billard. A moins que dans la course n'arrive avant eux, guidé par la grande Ourse : mon corbillard".

    Alors l'un de nous le cœur sur la main, lui lança un euro en pièces jaunes, de quoi téléphoner d’urgence. Tandis que les autres, voyant que l'agonisant n'était que grièvement blessé, crièrent : "remboursé ! remboursé !" en spectateurs indignés. A ce spectacle pourtant gratuit dont avant les médias, nous avons pu profiter.

     Puis tout le monde s’en retourna froidement dans son tombeau.

    Madinx

    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

    Composé en  1980


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