• Comme pour en faire
    tomber les mors,
    d'un geste gracieux
    elle libère son corps,
    levant les bras aux cieux,
    d'un dédain effort
    dénouant ses cheveux,

    du cou

    de ses nudes épaules
    libres chutes à sa nuque,
    du buste de ses seins,
    au bassin de ses reins,
    à ses jambes érigées
    en colonnes sans fin,
    jusqu'à la pointe
    de ses nus pieds ;

    irradie en un Rubens
    son Féminin
    déborde le bain
    de sa beauté

    Madinx

     ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

     Composé en 2009


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  • Soit, une question posée
    En forme d'amphore
    Au fond de l'humanité.

    Soit, de l'univers,
    Une réponse évasée ;
    Béante chrysalide
    En un nuptial baiser.

    Pas à pas nos prières s'envolent,
    Tels des papillons
    Aux bravos de leurs ailes.
    Elles butinent du Ciel,
    La fleur de tes dons,
    Qu'en terre elles sèment.

    Au parfum de ta présence,
    Les poings en mains s'effleurent ;
    Se fanent nos peines.

    Boirons-nous
    Des lèvres de notre route ;
    A ce sein de sable
    Où la soif, en une simple goutte
    Revêts sa nudité.

    À chacune de ses avancées,
    Être une fleur cueillie,
    De toute éternité,
    En route d'un fragile pas blessé
    Que l'autre danse !

    Sous la pluie,
    Danse ! Pauvre glaise
    ta hanche naissante
    Au tour de main du vent.

    Ton désir est l'anse
    De cette grâce en toi
    Qui patiemment creuse son aise.

    Au jardin de notre espérance,
    Fait de nos ronces,
    Un arbre de miel et de lait.
    Toi, qui laves nos pieds
    De toute errance.

    Madinx

    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’


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  •  
    Nos souvenirs 
    ressemblent à des enfants
    qui ne grandissent jamais.
    Des enfants aux joues 
    Et aux genoux écorchés,
    Jouant dans la rue
    Traversant sans regarder,
    Les pavés herbus
    Des âges et des années.
    Des enfants jouant à corps perdu
    Derrière de vieux pneus usés.
                                           
    Nos souvenirs
    Ressemblent à des enfants
    Aux yeux exténués,
    Dont la lumière est devenue
    Une pâte à papier mâché,
    Marquant nos visages perdus
    De jours confondus
    Gravés d'un braille abstrait.
                                      
    Nos visages sont des "Picasso"
    D'émotions bafouées,
    Des messages en argot
    Pour ceux qui ne savent plus lire
    Que les mots des journaux, des télés.                                    
     
    Nos visages sont des rétros,
    Dans lesquels nos parents regrettent
    Sur leur photo préférée ;
    l'enfant sage que l'on était.
    Nos visages sont des "infos" des actualités
    Ou les maux ne vous sont pas mâchés.
                                         
    Et la rage notre renommée                  
    Dont on nous assomme,
    N'est que celle des clowns blancs
    Que nous sommes.
    Vos Augustes,
    Ne faisant rire plus personne.                  
     
    Cour de récré....
    Dents de lait,
    Dents de sagesse,
    Rage de dents.
    Des ados
    Rognent les barreaux
    Des maisons d'arrêt.
     
                  ~
     
              Madinx
      
    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’
                  Composé en 1981

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  • Demoiselle des sèmes,
    Avant que soient pétris
    Ton corps, tes tripes, ta chair
    En une pâte amère,
    Je veux te voir encore
    Faire tourner, voler les volants
    De tes robes saisonnières.
     
    Toujours
    Je porterai au doigt notre alliance.
    Et de ce pas je m’en vais déjà
    A travers toi, chaque jour de joie,
    Que de souffrance !
    Faire le tour en quatre-vingts,
    Du monde aux quatre coins,
    Telle l’on mène une danse,
    Je chanterai en chemin,
    Du dedans de ma panse,
    À défaut de me taire,
    A haute voix de la Terre,
    Cette romance :
     
    ‘Une fleur en sang,
    De la sève en mon cœur,
    Des pétales sur nos corps,
    Meurtri par les abeilles,
    Ma bouche pleine de pollen,
    Mes yeux collés de miel ;
    Dans le sol une épée,
    transperce la planète,
    des plaies comme des volcans
    des laves comme le sang.
    Le soleil qui se couche
    Sur des hommes qui se fanent,
    Les corps tombent et s’étalent.
     
    Mais si tout cela est vain,
    Si le temps n’est qu’argent,
     et le soleil, qu’or,
    S’ils n’ont en leurs palais gardé
    Qu’un bon goût pour les roses
    Et la robe des vins.
     
    Alors moi non plus,
    Je n’irai pas plus loin.
    Par les sentiers battus,
    J’irai à bout enterrer
    Mes ossements humains.
     
    Alors j’aurai rejoint,
    Cette Dame terrienne,
    Demoiselle des sèmes,
    Comme un arbre abattu
    sur son corps forestier.
      
                             ~

                                                                  Madinx

                                    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

                                                                            Composé en 1985


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  • Ce soir-là, nous sommes entrés dans une galerie d'art, pour changer. Le premier tableau représentait une casse, où tous les éléments de bagnoles s'entrechoquent, s'enchevêtrent, s'entrelacent en un tas d'accidents. Pareils à celui qui s'était passé, sans faire de bruit, en plein fouet de nos vies.

    Soudain nous avons découvert au tournant qui nous attendait, dans ce qui n'était plus qu'un amas de ferraille ; une aile et un volant à peine tordus, juste un peu voilés. Mais aussi est-ce important ? : Un souffle de vie dernier. Nous arrivions peut-être à temps.

    Il était coincé entre l'accélérateur et le carbu. C'était un homme, vous savez ? De ceux que l'on voit tout le temps, à part que celui-ci avait quelque chose à lui comme tout le monde :

                    Un Homme comme Personne.

    C'était un homme agonisant qui de ses blessures, perdait un sang bleu ciel. Son cœur renfermant un tel azur, qui de ses veines se libérait ouvertement, d’un hémophile couchant.

    Tandis que la mort le fixait fermement, lui en face, la regardait dans le blanc. De douleur il serrait sa vie entre ses dents, tout en attendant notre avis, quant à son vivant. Puis, tirer au sort, ironie ! Parmi ceux de l'assistance. Je fus choisi par un médecin en retraite : "Docteur Garant". Je m'approchai alors du blessé obsolète, qui dans mon oreille, avec humour me murmura :

    "Si cela ne vous dérange pas, envoyez-moi d'entre les cieux une ambulance, à la lumière bleue, conduite par des anges en blouse blanche. Emmenant mon corps natal, brûlant à cent et à feu ! jusqu'à l'hôpital, sur le billard. A moins que dans la course n'arrive avant eux, guidé par la grande Ourse : mon corbillard".

    Alors l'un de nous le cœur sur la main, lui lança un euro en pièces jaunes, de quoi téléphoner d’urgence. Tandis que les autres, voyant que l'agonisant n'était que grièvement blessé, crièrent : "remboursé ! remboursé !" en spectateurs indignés. A ce spectacle pourtant gratuit dont avant les médias, nous avons pu profiter.

     Puis tout le monde s’en retourna froidement dans son tombeau.

    Madinx

    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

    Composé en  1980


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