• Nature Humaine

    Demoiselle des sèmes,
    Avant que soient pétris
    Ton corps, tes tripes, ta chair
    En une pâte amère,
    Je veux te voir encore
    Faire tourner, voler les volants
    De tes robes saisonnières.
     
    Toujours
    Je porterai au doigt notre alliance.
    Et de ce pas je m’en vais déjà
    A travers toi, chaque jour de joie,
    Que de souffrance !
    Faire le tour en quatre-vingts,
    Du monde aux quatre coins,
    Telle l’on mène une danse,
    Je chanterai en chemin,
    Du dedans de ma panse,
    À défaut de me taire,
    A haute voix de la Terre,
    Cette romance :
     
    ‘Une fleur en sang,
    De la sève en mon cœur,
    Des pétales sur nos corps,
    Meurtri par les abeilles,
    Ma bouche pleine de pollen,
    Mes yeux collés de miel ;
    Dans le sol une épée,
    transperce la planète,
    des plaies comme des volcans
    des laves comme le sang.
    Le soleil qui se couche
    Sur des hommes qui se fanent,
    Les corps tombent et s’étalent.
     
    Mais si tout cela est vain,
    Si le temps n’est qu’argent,
     et le soleil, qu’or,
    S’ils n’ont en leurs palais gardé
    Qu’un bon goût pour les roses
    Et la robe des vins.
     
    Alors moi non plus,
    Je n’irai pas plus loin.
    Par les sentiers battus,
    J’irai à bout enterrer
    Mes ossements humains.
     
    Alors j’aurai rejoint,
    Cette Dame terrienne,
    Demoiselle des sèmes,
    Comme un arbre abattu
    sur son corps forestier.
      
                             ~

                                                                  Madinx

                                    ‘ Texte soumis aux droits d’auteur ’

                                                                            Composé en 1985

    « Un Homme comme PersonneMaison d'Arrêt »

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